Débat lors de la Déclaration de politique générale de la Cocof

Suite à la présentation de la Déclaration de politique générale effectuée par Madame Fadila Laanan, Ministre-présidente de la Cocof, voici les questions que j’ai pu poser lors de la séance plénière.

Je m’étais réjouie hier de voir que Madame la ministre-présidente mette en avant l’importance de la cohésion sociale à Bruxelles. C’est effectivement un des facteurs clés pour le rayonnement de notre ville. Vos mots sont très justes lorsque vous parlez de la lutte contre la dualisation de la société, car effectivement tous nos concitoyens doivent pouvoir mener leur vie sur un terrain équitable.

L’enseignement par exemple est un excellent domaine pour juger de l’équité entre les citoyens. Je suis ravie d’apprendre que dès janvier 2017, une nouvelle école se rajoutera à la liste des établissements scolaires liée à la COCOF, mais je dois vous avouer que lorsque je vois le règlement d’ordre intérieur de deux d’entre elles, j’ai du mal à percevoir la notion de cohésion sociale. Je parle bien évidemment de l’école Lucia De Brouckère et de l’École supérieure des arts du Cirque qui ont dans leurs ROI un point qui interdit « toute forme de couvre-chef, qui affiche une opinion ou une appartenance politique, philosophique ou religieuse ». Comment justifier aujourd’hui cette demande de restriction généralisée ?

Vous aviez été interrogée sur le sujet il y a quelques semaines, je me permets de relancer le débat, car tant qu’un message clair ne sera pas donné aux différents établissements concernant la vraie définition de la neutralité telle que présentée à l’article 24 de notre Constitution, l’atteinte portée à la cohésion sociale et plus précisément au « construire ensemble » s’aggravera de jour en jour.

Vous avez mentionné la mise sur pied prochaine d’un dispositif d’accueil et de scolarisation des primo-arrivants (DASPA).

– Pouvez-vous développer le fonctionnement de ce dispositif ? Combien d’étudiants pourront en bénéficier ? Quel montant du budget sera accordé à cet accompagnement ?
Concernant l’accueil des primo-arrivants :
– Quelles sont vos conclusions sur la situation des 4000 primo-arrivants répartis à travers les deux BAPA, notamment sur l’apprentissage de langue française ?
– Est-ce que la COCOF pourra en accueillir davantage en 2017 ?

Par rapport à l’année dernière, je remarque qu’il y a une plus grande importance accordée aux personnes en situation de handicap. Je vous en félicite. C’est un sujet compliqué à traiter, car sa résolution requiert un investissement à tous les niveaux de pouvoirs, mais il est important d’œuvrer pour ces personnes qui souffrent souvent en silence. Madama la ministre-présidente :
– Quelles sont les concrétisations de l’année 2016 en termes de services d’accompagnement et de centres de jours et d’hébergement ?
– Quel est d’ailleurs le nouveau budget accordé aux services d’accompagnement ?
– Quelles sont les mesures destinées à favoriser l’emploi des personnes en situation de handicap ?
– Qu’en est-il également des personnes travaillant dans la fonction publique ? Quelles sont les mesures mises en œuvre pour faire respecter le quota de 5 % à la Cocof ?

Concernant la situation des personnes âgées, vous avez mentionné l’objectif d’augmenter le contingent afin d’avoir plus d’aides familiales. :
– Pouvez-vous chiffrer cette augmentation ?
– Ce nouvel objectif est-il lié aux conclusions du groupe de travail spécialisé qui avait été créé pour analyser les demandes des Bruxellois en matière d’aide à domicile ?

Finalement, j’aimerais parler du sans-abrisme, c’est un sujet qui est souvent lié au thermomètre, car il n’est relancé qu’à l’arrivée des vents glaciaux. On parle souvent de l’image de Bruxelles à l’étranger et s’il y a bien un sujet qu’on entend unanimement dans la bouche des internationaux, c’est bien la situation extrêmement précaire de certains de nos concitoyens qui sont obligés de vivre dans des stations de métro à cause d’un manque de place dans les structures d’accueil. Vous utilisez le terme de « renforcement » lorsque vous parlez des maisons d’accueil.
– De quoi parle-t-on ? De nouvelles structures ? Plus de places dans une même maison ?

On le sait très bien, les services d’hébergement éprouvent d’énormes difficultés à trouver des solutions face à la détresse de ces personnes par manque de place.
– Comment remédier à ce problème tout en respectant des normes d’hygiène et de condition de vie ?

Votre déclaration a de nombreux points positifs, mais je souhaite mettre l’accent sur l’urgence de certains dossiers concernant nos concitoyens les plus fragiles.