Interpellation concernant les violences conjugales au Parlement francophone bruxellois – 26 février 2016

Vendredi dernier, en séance plénière du Parlement francophone bruxellois, j’ai interpellé Mme Céline Frémault, ministre en charge de la Politique d’aide aux personnes handicapées, de l’Action sociale, de la Famille et des Relations internationales, concernant le fléau des violences conjugales.

Madame la Ministre,

S’il y a bien un fléau qui ne discrimine personne, c’est bien celui des violences conjugales, car il se retrouve dans toutes les couches de la société, sans distinction aucune de l’origine ethnique, de la religion, de l’âge, de la situation socio-économique ou du niveau d’étude.

Selon les dernières statistiques de Police fédérale, 18.189 plaintes concernant des violences au sein du couple ont été enregistrées par les zones de police belges sur les cinq premiers mois de l’année 2015. Ce chiffre équivaudrait donc à environ 100 plaintes par jour pour signaler un comportement violent du partenaire.

La majorité de ces plaintes concernent des violences physiques, mais également des violences psychiques telles que des humiliations, des crises de jalousie, des chantages ou des menaces de mort.
Toutefois, il en convient que ces chiffres ne sont pas représentatifs de l’ensemble des violences conjugales en Belgique, car le tabou, la peur de l’isolement, la peur des représailles, les pressions familiales font que beaucoup d’actes violents passent sous silence et lorsque la volonté de vouloir s’en sortir est là, une méconnaissance des démarches juridiques à entreprendre nuit clairement à l’amélioration de la situation des victimes.

Madame la Ministre, bien que ce sujet fasse l’unanimité chaque fois qu’il est débattu dans les enceintes parlementaires, c’est une problématique qui ne semble pas vouloir s’estomper avec le temps. L’année dernière, au mois de mars, vous nous aviez fait part de votre priorité concernant l’ouverture d’un deuxième refuge pour les femmes, car les dispositifs étaient saturés ce qui inévitablement créait un danger pour les personnes concernées ainsi que pour les enfants.

Pouvez-vous nous donner des informations complémentaires sur l’état d’avancement de cette ouverture ?

Lors de votre intervention, vous aviez également mentionné le travail sur un plan intrafrancophone pour ouvrir une nouvelle maison-abri avec une adresse secrète.
Qu’en est-il de ce projet ? Avez-vous trouvé des solutions pour le financement d’un tel travail ainsi que pour les coûts d’accompagnement des victimes ?