Interpellation de Mahinur Ozdemir à Mme Bianca Debaets, secrétaire d’État à la Région de Bruxelles-Capitale concernant le déferlement raciste sur les réseaux sociaux – 9/01/2017

Madame la Secrétaire d’État,

On est aujourd’hui en 2017 et s’il y a un bien un vice dans nos sociétés que j’aurai aimé ne plus revoir, c’est bien l’utilisation des réseaux sociaux comme défouloir de haine, de xénophobie et de sauvagerie verbale.

Nous avons tous été choqués du déferlement de haine et de messages racistes à la suite de la mort du jeune belgo-turc lors de l’attaque terroriste à Istanbul. En août dernier, c’est à la suite du décès du jeune Mouad que des messages avec la même violence étaient apparus sur le web. On pouvait y lire des phrases comme : « Un parasite en moins », « Un musulman en moins, c’est bien. », « Il aurait dû prendre d’autres amis turcs avec lui. ». C’était la violence de l’instantanéité, des réactions à chaud sans aucun filtre, des administrateurs apathiques qui ne semblaient rien contrôler ni modérer.

Pourtant nous avons des dispositions juridiques pour contrer ce phénomène. En effet, « la répression des infractions incitant à la haine raciale et à la discrimination relève des dispositions de la loi Moureaux du 30 juillet 1981. Les auteurs de ces infractions encourent des peines pouvant s’élever jusqu’à un an de prison, deux ans si elles sont commises par des fonctionnaires publics. » Alors que les lois sont là, le faible nombre de condamnations nous prouve que l’on a encore du mal à contrer cette vague de la parole transgressive sur le web.

De bonnes initiatives, il y en a, mais on est un peu à la traîne sur Bruxelles. La sanction administrative, contre les attaques proférées sur le web, mise en œuvre dans les communes de la zone de police Ouest est un bon exemple qu’il faut étendre et développer au plus vite en incluant notamment les appels à la haine et les injures racistes. Il faut également responsabiliser les différents journaux qui ne font pas leur travail au niveau de la modération.

Madame la Secrétaire d’État, mes questions sont dès lors celles-ci :

– Les luttes contre le racisme et les discriminations sont des points importants de l’accord du gouvernement. Il y a plus d’un an, vous aviez mentionné trois projets pour lutter contre la cyberdiscrimination. Ce cas-ci relève plutôt du cyberracisme ou de cyberhaine. Est-ce que la Région soutient actuellement des associations ou des projets afin de renforcer cette lutte ?

– Est-il envisageable aujourd’hui d’étendre le projet de zone de police Ouest à l’ensemble de la Région ?

Je vous remercie d’ores et déjà pour vos réponses.