Suite à l’émission “C’est pas tous les jours dimanche » : mon message au-delà des polémiques

Mercredi soir, j’ai été contactée par l’équipe de « C’est pas tous les jours dimanche » de RTL-TVi pour parler de l’après 13 novembre. Vendredi soir, peu après 20h, je reçois un mail m’indiquant les différents invités et les sujets qui seront abordés dans ce panel.
Voici ce qui m’a été communiqué :

De 12h30 à 12h53 : L’Islam est-il en cause ? Les voix musulmanes se sont élevées cette semaine pour condamner les attentats et les djihadistes. L’Islam est pointé du doigt dans la population, que dire pour balayer les clichés ? Certaines mosquées sont-elles des lieux de radicalisation ? Comment éviter les amalgames ? Les premiers ennemis des djihadistes ne sont-ils pas les musulmans eux-mêmes ? Les musulmans ont-ils peur de s’exprimer ? Cette tragédie marque-t-elle un tournant dans le positionnement des musulmans de Belgique ?
Les invités sont :
Nouredinne Smaïli, président de l’Exécutif de musulmans de Belgique
Mahinur Özdemir, députée régionale bruxelloise et conseillère communale à Schaerbeek
Hamid Benichou, agent de police à Saint-Josse, membre de la Plateforme “Initiatives citoyennes pour un Islam de Belgique”
Assita Kanko, conseillère communale à Ixelles – MR
Les Chroniqueurs sont: Michel Henrion Emmanuelle Praet 
Sur le plateau, je découvre que c’est Alain Raviart et non Emmanuelle Praet qui sera dans le panel. Alain Raviart, pour ceux qui ne le connaissent pas, est un ancien responsable de la communication du cdH. Il a été collaborateur de Joëlle Milquet, Présidente de l’époque. Pour rappel, voici quelques mois, ce monsieur avait tenu des propos diffamatoires à mon égard dans le cadre de l’émission « On refait le monde » sur RTL-TVi, et écrit un article outrancier me concernant.
Aujourd’hui, alors qu’il était question de parler de l’islam après les attaques de Paris, revoilà Alain Raviart, visiblement préparé avec ma page Facebook sous les yeux dans son iPad, qui m’attaque directement par une question hors sujet. Il m’accuse en disant que ma page Facebook serait communautaire. Ayant été surprise de cette position, je me suis défendue et le ton est monté.
Ce qui est hallucinant, c’est que Bruxelles est au niveau 4 en terme de sécurité, tout est bloqué depuis vendredi soir, notre ville est une ville fantôme, les citoyens sont dans une inquiétude totale et attendent un message d’apaisement de nos politiques et des journalistes, mais ce qui intéresse Raviart c’est le prétendu communautarisme de ma page Facebook et son regret de ne pouvoir rouler en Porsche ! Dans un deuxième temps, lorsque Michel Henrion intervenait, Alain Raviart a continué ses invectives en disant à voix basse mais de manière audible « comme il y en a une autour de la table ».
Cette attitude est totalement inacceptable de la part d’un chroniqueur vis-à-vis d’une parlementaire invitée à s’exprimer sur un sujet !
À la fin de l’émission, j’ai essayé de lui parler pour essayer de comprendre son comportement et son hostilité constante à mon égard. Impossible. Il m’a dit avoir été menacé par la Bible et le Coran quand il a dû quitter le cdH en 2008 et qu’une « fiesta » aurait été organisée le soir de son départ. Je n’ai pas à faire les frais des frustrations de ce monsieur envers le cdH ou envers ma personne. Je souhaite donc des excuses de sa part ou je refuserais de m’exprimer sur un plateau en sa présence, car j’estime qu’il a été malhonnête.
J’ai enfin quitté le plateau de RTL avec beaucoup de peine, car ma présence avait été réduite à un règlement de compte par un ex-collaborateur du cdH. Les téléspectateurs ne méritent pas ses prises de bec à l’antenne qui n’aident pas à la compréhension des enjeux pour lutter ensemble contre la haine.
C’est pourquoi j’avais préparé trois messages importants que je souhaitais délivrer :
1 – Nous sommes tous concernés dans la lutte contre le terrorisme : élus, représentants de la société civile organisée, communauté musulmane… RIEN ne peut justifier le fait d’enlever la vie à des êtres humains. Ces actes sont condamnables et nous devons les condamner tous ensemble fermement.
2 – Après la condamnation, il faut s’interroger sur le parcours de ces jeunes qui sont des Belges. Ils sont nés, ils ont grandi dans notre société et nous devons ouvrir les yeux sur l’urgence sociale qui prend des formes diverses : le rejet, le décrochage scolaire, la frustration, la désocialisation (y compris de leur communauté d’origine), des conditions socio-économiques défavorables peuvent être des causes du malaise profond d’une partie de ces jeunes qui se radicalisent et se laissent entraîner dans un discours dans lequel ils sont dans la posture de “héros”. Ils sont endoctrinés, comme dans les sectes et nous devons agir en amont et soutenir les familles. Il faut donner un projet d’avenir à cette jeunesse. Nous devons investir massivement dans l’éducation et l’enseignement, lutter contre le décrochage scolaire, travailler sur des projets concrets de remise à l’emploi…
3- Nous sommes aussi à un tournant pour lancer un débat interne sur l’avenir de l’Islam de Belgique (la formation des imams, la reconnaissance des mosquées, le financement des cultes…). Enfin, aujourd’hui les autorités publiques doivent parler avec la communauté musulmane, l’associer dans la réflexion notamment pour la mise en place d’une émission concédée, et dans le développement de stratégies de sortie de crise. Il existe des structures solides et expérimentées ainsi que des personnes spécialisées dans différents domaines qui ne demandent qu’à contribuer, car ils font partie de la solution. A titre d’exemple, la carte blanche ‪#‎OnEstLà‬ parue dans La Libre. Des solutions existent.